LES
DOMAINES AGRICOLES ET
Le
Domaine de Chergé
La
plaine qui s’étend au pied du bourg jusqu’aux rives de
L’aqueduc
qui traversait le domaine, conduisait les eaux du Rouissoir et du barrage des
Ballans jusqu’à
Le
Domaine du Chambroie
Plaqué
sur le flanc sud-ouest du Plateau des Ballans le logis du Chambroie paraît
avoir été une dépendance du château des Ballans. Son aspect stratégique fait de
lui un poste de surveillance avancé sur la vallée de Bramefort. Installé sur
les hauteurs du village des Mesniers, il conserve quelques vestiges en rapport
avec le réseau d’adduction d’eau de
Mornac.
Il
renferme un puits dont l’eau se déverse dans un vaste réservoir par un tuyau en
plomb. Ce dernier était muni d’une vanne qui régulait le débit de l’eau au
moyen d’une pelle. Celle-ci coulissait verticalement entre les rainures
creusées dans les pierres du mur de refend barrant transversalement la retenue
d'eau. Un conduit d'écoulement percé au fond du réservoir remplissait un bassin
construit à un niveau inférieur dans son prolongement. Des rigoles d’écoulement
et un canal de fuite évacuaient le trop plein dans ce bassin plus petit. Ce
système alimentait en eau potable le logis par des conduites en terre cuite et
la distribuait sur la propriété. Malgré
les transformations intervenues au cours des siècles, nous avons retrouvé certains éléments
d’aqueduc en pierre et des fragments de tuyaux en terre cuite d’époque moderne.
Le
Domaine des Gentils
Son
maître exploitait les terres cultivables du plateau du « Grand
Plantier ». Puits, citernes, réservoirs et aqueducs desservaient la
propriété. A l’extérieur, existe encore aujourd’hui un réseau d’égout médiéval
qui évacue en contrebas de la falaise les eaux usées domestiques.
Tout
un réseau d’aqueduc traversait ainsi la vaste cour et captait les eaux en
direction de l’habitation. On dénombre, outre l’égout médiéval, deux
réservoirs, deux citernes et un puits d’environ
LOGIS ET CHATEAUX DE MORNAC
Le Logis des Gentils (XVIIe
au XVIIIe siècle)
Erigé
près de la voie romaine de Rom à Périgueux, il conserve quelques vestiges de son
passé glorieux. Aujourd’hui il est réduit à l’état de ferme agricole. De son
état fortifié, il ne subsiste qu’une silhouette massive dont le mur nord du
logis surplombe l’à-pic du coteau. Le long bâtiment rectangulaire s’étire d’est
en ouest. Il est rehaussé d’un étage. On pénétrait dans la cour par un porche
de plan carré recouvert de tuiles. L’étage supérieur abrite un pigeonnier.
Le
logis des Gentils comme celui des Lasquets et de Chambroie est une ancienne
dépendance du château des Ballans. Il entretenait probablement une communauté
religieuse. La tradition veut que le thème de la rosace détermine le nombre de moines
résidants au château. Le souvenir de cette présence se lit sur le sol endommagé
d’une pièce pavée de « Cœurs de Demoiselles ». Une seule rosace a été
conservée, ce qui ne permet pas de déterminer le nombre de moines résidant au
logis.
Le Château des Ballans (XVIe
siècle / Second Empire)
De
son passé, il n’a gardé qu’une entrée remaniée et de belles caves voûtées. Le
porche donnant accès à la demeure est de plan carré et conserve le souvenir
d’une tour jadis défensive. Le château actuel remonte au Second Empire. Il est
constitué d’un rez-de-chaussée et de deux étages dont le dernier est éclairé de
fenêtres à
Les
deux portes principales, l’une au nord, l’autre au sud, portaient sur leur
linteau des blasons armoriés. Celui du nord a souffert de l’électrification et
son blason est en partie détruit. Le château est installé dans un écrin de
verdure embelli de parterres de fleurs et d’un parc boisé. Il est ceint de murs
hauts, vestiges d’anciennes fortifications. On y accède par une poterne ouverte
dans celles-ci.
Le
château, propriété de Monsieur et Madame Fourgeaud, appartenait aux siècles
passés à la famille Lhuillier. Louis Lhuillier fut écuyer et seigneur de
Bellefosse et des Ballans. Il figurait au ban et arrière-ban de 1689. Un Clément
Louis Lhuillier, étudiant né à Mornac, est titulaire d’une stalle dans le
chapitre d’Angoulême. Il est installé le 20 octobre 1754. Sa conduite fait
l’objet de sanctions par le chapitre qui juge ses absences trop fréquentes. Au
bout de quinze années, ses collègues essaient de l’orienter vers la chantrerie
en remplacement du titulaire qui réside à Paris mais ils se heurtent à l’évêque
qui résiste. Lhuillier n’en aura cure et se dira chantre ; mais le
chapitre lassé de ses incartades et de sa tenue incorrecte puisqu’il porte
l’habit court s’oppose à ses prétentions. Le blason des Lhuillier est d’azur à
trois coquilles d’or posées, deux en chef, une en pal.
Les
maisons nobles de France et de Navarre dont les ancêtres avaient participé à
Elles
tirent leur origine de l’attribut du glorieux apôtre Saint-Jacques et voici la
raison de ces armes.
Les
Chrétiens ayant combattu une journée presque entière contre les Maures et se
trouvant dans une position critique, le Roi Ramire 1er de Léon se
retira à grand peine dans un petit bois, triste et désespéré. Il passait la
nuit en prière, quand lui apparut le Saint-Apôtre qui lui ordonna de
recommencer avec confiance le combat dès le lever du soleil, lui promettant
(comme il le fit) de marcher en tête de ses troupes sur un cheval blanc. Ce fut
ainsi qu’il remporta en 846, près de Calahorra, la fameuse victoire de Clavijo.
Ce
saint fut, à cette occasion, proclamé patron principal de l’Espagne ; et
les susdits chevaliers qui avaient mis, dans cette affaire, leur bravoure et
leurs biens au service de notre Foi, prirent pour armes
Le Logis des Laquais (XVIe
au XVIIIe siècle)
Considéré
comme une dépendance du château des Ballans, on peut supposer qu’il eut la même
ancienneté. Un linteau de porte du pigeonnier indique comme date de
construction 1666. Le rez-de-chaussée du corps de logis s’embellit d’une
fenêtre Renaissance, seul élément architectural intéressant de ce monument. En
1750, dans un acte daté du 12 décembre, le fief est décrit comme « l’hostel
et maison noble de Lasquet ». Une description précise mentionne comme
possessions complémentaires d’autres bâtiments : grange, écurie, fuie. Une
cour et un jardin potager complètent cette énumération domestique. Les terres
se divisent en terres labourables, friches, prés, vignes et bois. Il existe des
garennes de lapins et plusieurs chasses qui appartiennent au domaine. Le fief
est la propriété de Messire Louis de Tuillier qui rend hommage au seigneur
François Marie de Péruse, Marquis des Cars et de
Pranzac, son voisin.
Parmi
les dépendances des Laquais, il est un corps de bâtiments qui mérite d’être
mentionné. Il se compose de deux corps de ferme et grange possédant un four à
pain orné de signes de compagnonnage, rosaces et cœur, d’un évier portant à
l’extérieur la date de
Le Logis du Chambroie (XVIIe
siècle / Second Empire)

Des
anciennes demeures de Mornac, il est le plus méconnu mais pas le moins
intéressant. Il est assis discrètement sur le flanc sud de l’éperon barré des
Ballans. C’est peut être en ce lieu que se trouvait
Comme
au logis des Gentils, cette possession des seigneurs des Ballans accueillait
vraisemblablement une communauté religieuse. Il existait dans le sol de la
grange et des habitations un pavage de « Cœurs de Demoiselles » dont
les figures étaient des rosaces. Il apparaît toujours, en mauvais état dans la
grange.
Le Logis de Chergé (XVe
au XVIIIe siècle)

Connu également sous le nom de
Logis de Mornac ou encore des Gibauds, ce logis a subi de nombreuses
transformations qui nous masquent sa grandeur passée. Néanmoins certains
détails nous indiquent qu’il occupait une position importante. Le terre-plein
élevé au sud supportait un édifice de grande taille qui fut transformé au cours
des siècles. La « motte féodale » qui subsiste, reste la
preuve
indéniable que s’élevait sur sa surface un monument plus imposant. Celui-ci fut
remplacé par un logis seigneurial plaisant à vivre. Parmi les modifications, on
remarque la fermeture de nombreuses portes et fenêtres. Le sol fut très
certainement légèrement relevé à l’est. Dans la cuisine subsiste une magnifique
cheminée qui semble être d’époque Renaissance et la terrasse du logis au sud,
est pavée de « Cœurs de Demoiselles » dessinant rosaces, losanges et
autres symboles. L’allée de l’entrée est fermée par un portail monumental. Les
deux piliers portent sur leurs sommets deux acrotères « Etoile de
Berger ». Une très belle balustrade délimite la terrasse et le parc boisé
du logis. C’est à une très ancienne et puissante famille que l’hôtel doit son
nom. Les seigneurs de Chergé s’illustrèrent dans les armées du roi. Ils
possédaient de nombreuses terres en Angoumois et en Vendée. L’un des premiers
seigneurs connu fut un Pierre de Chergé vers 1480. Un Cybard de Chergé épousa
en 1597 Elisabeth de Montalembert. Son fils Geoffroy embrassa la carrière des
armes. Il reçut commission du roi et de la reine mère pour lever une compagnie
de cent hommes de guerre à pieds français. Il rejoignit le régiment de
Rumigny-Domezac et reçut le grade de lieutenant aide major au régiment de
Montauzier. Les armes des seigneurs de Chergé sont d’Azur à fasce d’argent
chargée de trois étoiles de gueules.
Le Queroy et son Logis
(XIIIe au XVIIIe siècle)

Aujourd’hui
cette magnifique demeure a été restaurée avec beaucoup de goût par ses
propriétaires.
Cet
ancien prieuré du XIIIe siècle appartenait à l’abbaye Saint-Cybard d’Angoulême qui fut quelque
temps une dépendance de la grande Abbaye de Cluny. Les moines avaient très
certainement une mission d’assistance et d’accueil aux pèlerins.
Plus tard, sous François Ier,
il devint une maison de chasse. Il passa ensuite aux seigneurs de

Sur
le côté ouest, quelques vestiges de bâtiment paraissent avoir appartenu à un
cloître. Celui-ci entourait certainement le jardin et la cour principale. Cette
hypothèse paraît se confirmer par l’élément de galerie qui subsiste à l’ouest.
De petites colonnettes sans ornementation, reposent sur un muret élevé à l’est.
Côté rue, une porte s’ouvre sur la route reliant Le Queroy à Bouex.
Dans cette galerie fut construite, il y a
très longtemps, un petit bâtiment fermant le cloître qui possède une sculpture
très intéressante. Sur le pan de mur de la porte donnant accès à une petite
pièce, peut-être un dortoir, a été sculpté un visage de profil ressemblant à ce
qui nous paraît être un portrait de Saint-Jacques. L’Apôtre est représenté tête
nue, la chevelure abondante. Il est coiffé soigneusement, ses cheveux tombant
harmonieusement sur la nuque. Il porte une barbe peignée. Le port de tête est
digne et austère.
Ce petit chef-d’œuvre est peut-être
l’ouvrage laissé par un pèlerin comme cela se remarque fréquemment sur les
lieux hospitaliers des chemins de Saint-Jacques. Nous possédons déjà en
Charente quelques sites où les Jacquets laissèrent à leurs frères pèlerins ce type
de message. Nous croyons qu’il fut sculpté ici intentionnellement afin de
veiller sur le sommeil réparateur des pèlerins se rendant à Compostelle. Cette
évocation n’est pas sans rappeler le dessin gravé sur le mur d’un autre prieuré
placé sous l’autorité de l’Abbaye de Cluny, celui de Mouthiers. Ce visage du
Saint-Apôtre, les coquilles Saint-Jacques, les acrotères « Etoile de
Berger » montrent combien était grand l’attachement de la communauté
religieuse au service du pèlerinage.
Le logis du Queroy dut être une étape
importante sur la route de Limoges à Angoulême. Ces splendides sculptures sont
un témoignage inestimable de notre passé que nous ont transmis les moines et
les pèlerins de Compostelle.
C’est
en ce lieu que le peintre charentais Lucien Deschamps (1906-1985) puisa son
inspiration pour son art. Ses fresques et ses peintures ornent les murs de la
demeure et nous rappellent quel grand artiste impressionniste il fut.